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Déduction forfaitaire ou frais réels ?

Si vous êtes salarié, votre déclaration annuelle de revenus est un exercice simple : vous n'avez plus qu'à vérifier les montants inscrits dans les cases pré-remplies. Mais avant de signer, vous avez tout intérêt à vous attarder sur la notion de « frais déductibles ».

La déduction forfaitaire

C'est un principe de base de la fiscalité française : les frais « supportés pour l'acquisition ou la conservation d'un revenu imposable » sont déductibles de ce même revenu.

Même les salariés déduisent donc les dépenses relatives à l'exercice de leur fonction. C'est déjà ce que vous faites, peut-être sans le savoir. En effet, ces frais professionnels sont couverts par la déduction forfaitaire de 10% qui est automatiquement appliquée sur vos revenus salariés.

L'option pour les frais réels

Mais vous pouvez aussi abandonner cette déduction forfaitaire et opter pour la déduction des frais que vous avez réellement supportés. Cette option est ouverte à tous les titulaires de revenus salariés et assimilés. Y compris aux demandeurs d'emploi.

Il suffit pour cela de joindre à la déclaration une simple lettre signée mentionnant son choix et détaillant la nature et le montant des frais. Reste à savoir quels frais déduire...

  • Les frais de trajet
    Premier poste de frais : les transports. Vous pouvez ainsi déduire le coût d'un aller-retour quotidien entre votre domicile et votre lieu de travail. Mais attention : les frais sont plafonnés à une distance maximale de 40 km. Pour comptabiliser un kilométrage supplémentaire, il faut justifier de circonstances particulières : mutation professionnelle, reprise d'emploi, domicile éloigné du concubin, état de santé des parents, etc. Si vous utilisez votre véhicule personnel, nul besoin de conserver les justificatifs ou de joindre les relevés obtenus auprès de votre banque (essence, réparation, assurance, etc.). Il suffit d'utiliser le barème kilométrique fiscal qui intègre tous les frais, sauf les péages, le stationnement et les éventuels intérêts d'emprunt.
  • Frais de repas
    En l'absence de cantine et si le domicile est trop éloigné pour y aller déjeuner, vous pouvez également déduire le coût forfaitaire d'un repas par jour de travail, sans justificatifs. 
  • Autres frais
    D'autres frais peuvent également être pris en compte, à condition naturellement d'en prouver le bien-fondé. Par exemple...
    • les frais temporaires de double résidence, sous réserve de justifier de circonstances particulières, par exemple, après une mutation, pendant un CDD ou une période d'essai, etc.
    • les frais de formation professionnelle et de recherche d'emploi, notamment pour les demandeurs d'emploi,
    • les frais de déménagement, par exemple suite à une mutation ou une reprise d'emploi Le meilleur choix ? La conclusion est évidente : vous avez intérêt à opter pour les frais réels si leur montant dépasse 10% de votre salaire annuel. Et c'est bien souvent le cas quand la rémunération n'est pas trop élevée, notamment au-delà d'une certaine distance entre le domicile et le travail.

Une rapide simulation s'impose donc. Même si les sommes en jeu restent marginales. En matière fiscale, il n'y a pas de « petites économies ».

Eric Roig