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Les clés pour réduire son impôt avant le 31 décembre

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Il reste peu de temps aux contribuables pour réduire le montant de leur impôt sur le revenu de l’année prochaine. Le point sur les solutions de défiscalisation à leur disposition.

Il n’est pas trop tard pour réussir à baisser en toute légalité le montant de son impôt sur le revenu 2015. Les contribuables ont encore quelques jours pour défiscaliser. Autrement dit, pour investir dans un ou plusieurs produits ouvrant droit à une déduction, une réduction ou un crédit d’impôt. « Il reste encore djes opportunités à saisir sur le mois de décembre », indique Alexandre Rimbal, responsable de l’offre de l’épargne financière à la Société Générale.

Une contrepartie en échange d’un risque pris par le contribuable

S’il apparaît difficile d’acquérir un appartement éligible aux réductions d’impôt Pinel, Malraux ou Censi-Bouvard en moins de quatre semaines, « il est encore temps d’acheter des parts de SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) afin d’investir indirectement dans des actifs immobiliers éligibles à ce dispositif », détaille Alexandre Rimbal. Autres alternatives encore envisageables compte tenu de leur délai rapide de souscription  : l’investissement dans des FIP (fonds d’investissement de proximité), des FCPI (fonds commun de placement dans l’innovation) ou au capital de PME. D’autant que, contrairement aux idées reçues, leurs tickets d’entrée demeurent relativement abordables à raison de quelques centaines d’euros pour une part de FCPI.

Mais attention cependant à ne pas se précipiter sur le premier support de défiscalisation venu. Car, « l’avantage fiscal ne doit pas être le seul élément de décision. Ce n’est qu’une contrepartie concédée par l’Etat en échange du risque pris par le contribuable pour soutenir un secteur d’activité donné », met en garde Stéphanie Patel, directrice du développement produits chez HSBC France. En d’autres termes, avant d’être un moyen de réduire son impôt, cet investissement reste avant tout un placement financier avec ses performances et ses rendements propres, voire éventuellement ses plus-values.

Compte tenu des contraintes inhérentes à ces opérations (les sommes investies étant bloquées pour un certain temps), mieux vaut préalablement s’être constitué une épargne de précaution (comme les livrets par exemple. Et, pour ceux qui bénéficient déjà par ailleurs d’avantages entrant dans le plafonnement des niches fiscales (emploi d’une femme de ménage, par exemple), gare à bien faire ses calculs. Histoire de ne pas payer pour une hypothétique baisse d’impôt.

Des réductions plafonnées

Depuis le 1 er janvier 2009, la somme annuelle des réductions, déductions et autres crédits d’impôt dont peut bénéficier votre foyer fiscal est limitée. Vous pouvez actuellement diminuer au maximum de 10 000 € le montant de votre impôt sur le revenu 2015 et 2016 grâce aux niches fiscales.

Ce plafonnement s’applique aux avantages octroyés en contrepartie d’un investissement ou d’une prestation (frais de garde des jeunes enfants, emploi à domicile…). En revanche, il épargne ceux accordés au titre de votre situation personnelle (pension alimentaire, dépenses liées à la dépendance ou au handicap…) ou de l’intérêt général (don à des associations ou des œuvres). Mieux, il autorise une rallonge de 8 000 € supplémentaires en cas d’investissements liés à l’outre-mer et aux Sofica. Les dépenses réalisées dans le cadre du dispositif Mal­raux échappent également à ce mécanisme d’écrêtement.

Anne-Lise Defrance (Le Parisien)

L'avis de ... Gervais Morel, expert-comptable, ancien membre de l'ordre et de la compagnie des commissaires aux comptes

Tous les contribuables peuvent-ils défiscaliser ?

Oui, à condition de payer. Car, bénéficier de réductions ou crédits d’impôt de défiscalisation ( comme les investissements immobiliers) demande une mise de départ conséquente, et d’autres moyens s’avèrent beaucoup plus abordables. C’est le cas notamment de l’emploi quelques heures par mois d’un salarié à domicile.

Est-ce sans risque ?

Tout dépend du type de dépense réalisée. Celles relatives à l’amélioration de la qualité de vie, à l’image des équipements en faveur de la qualité environnementale de la résidence principale, sont par exemple sans risque. Mieux, ce sont des investissements doublement gagnants pour le contribuable qui réduit son impôt tout en diminuant ses consommations d’énergie. Il n’en va en revanche pas de même pour les produits de défiscalisation à vocation financière comme les FCPI ou les FIP. Non seulement, les particuliers sont contraints de conserver les titres cinq ans mais, de plus, ils n’ont aucune assurance de récupérer l’intégralité de leur capital à la sortie.

Quelles précautions prendre pour éviter les désillusions ?

Surtout, ne pas se laisser aveugler par la carotte fiscale. La perspective d’une baisse d’impôt ne présume en rien de la qualité d’un placement. D’où l’importance de se montrer particulièrement vigilant dans le choix de ses supports de défiscalisation. Avant de se lancer, mieux vaut également vérifier avec attention les contraintes liées à l’octroi de l’avantage fiscal et s’assurer, notamment pour les réductions d’impôt étalées dans le temps, que le montant de l’impôt théoriquement dû au cours des années suivantes excédera celui de la réduction annuelle accordée. Faute de quoi, une partie de l’avantage fiscal sera perdue.

Anne-Lise Defrance (Le Parisien)

Lexique des avantages fiscaux

Déduction d’impôt

Elle s’impute avant le calcul de votre impôt. En d’autres termes, elle vient diminuer le montant de vos revenus imposables et vous permet donc éventuellement de basculer vers la tranche d’imposition inférieure.

Réduction d’impôt : ni remboursable ni reportable

Elle est soustraite de votre impôt à payer et non de votre revenu à déclarer. Elle s’applique après calcul de la somme que vous devriez régler à l’administration fiscale. Attention toutefois, si son montant est supérieur à celui de votre impôt brut, sa fraction non utilisée n’est ni remboursable ni imputable sur votre impôt sur le revenu dû au titre des années suivantes. Ainsi, si votre impôt est de 1 500 € et que vous bénéficiez d’une réduction de 1 900 €, vous devenez certes non imposable grâce à cet avantage fiscal mais vous abandonnez 400 € au fisc.

Crédit d’impôt : remboursable en totalité

Le crédit d’impôt minore la somme que vous devriez payer et non celle que vous devez déclarer. En revanche, si son montant dépasse celui de votre impôt ou si vous n’êtes pas imposable, il vous est intégralement remboursé par les services fiscaux. Par exemple, si votre impôt sur le revenu est de 1 800 € mais que vous avez droit à un crédit d’impôt de 2 000 €, vous n’avez non seulement rien à acquitter au Trésor public mais, en plus, celui-ci vous restitue 200 €.

Anne-Lise Defrance (Le Parisien)

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