- Publier sur facebook
- Publier sur What's app
- Publier sur sur X
- Publier sur Linkedin
- Partager par email
conseils
Renoncement aux soins : quelles causes et quelles solutions ?
Par AXA,
Le 11/08/2026.
4 minutes de lecture
Repousser un rendez-vous chez le dentiste, renoncer à une paire de lunettes ou éviter de consulter un spécialiste faute de moyens : le renoncement aux soins concerne un nombre croissant de personnes en France. Ce phénomène, à la fois financier, géographique et psychologique, peut avoir des répercussions sérieuses sur la santé. Des solutions concrètes existent pourtant pour continuer à se soigner, même avec un budget limité.
Le renoncement aux soins en résumé
On parle de renoncement aux soins lorsqu'une personne souhaite consulter un professionnel de santé ou bénéficier d'un traitement, mais y renonce — pour des raisons financières, pratiques ou psychologiques.
Les situations les plus fréquentes : reporter des soins dentaires, ne pas renouveler une ordonnance, éviter un spécialiste dont les honoraires sont trop élevés, ou encore ne pas acheter des lunettes correctrices.
Les principales causes :
Le coût des soins et le reste à charge après remboursement par la Sécurité sociale
L'éloignement géographique des professionnels de santé (déserts médicaux)
Les délais d'attente trop longs pour obtenir un rendez-vous
La complexité des démarches administratives
La peur ou la honte de consulter
Les personnes les plus exposées : les foyers à revenus modestes, les étudiants, les retraités aux petites pensions, les personnes vivant en zone rurale et celles en situation de handicap.
Des solutions existent : la Complémentaire santé solidaire (CSS), le dispositif 100 % Santé, le tiers payant et les assistantes sociales de la CPAM permettent de lever de nombreux obstacles à l'accès aux soins.
Une couverture santé adaptée à son budget permet d'éviter de reporter des soins essentiels
Le renoncement aux soins désigne le fait de ne pas avoir recours à une consultation, un traitement ou un suivi médical que l'on jugeait pourtant nécessaire. Il ne s'agit pas d'un choix délibéré de santé, mais bien d'une contrainte subie, qu'elle soit financière, logistique ou psychologique.
Les exemples concrets sont nombreux : remettre à plus tard une extraction dentaire, ne pas acheter un appareil auditif jugé trop coûteux, reporter un bilan de santé, ou renoncer à une consultation chez un ophtalmologiste après avoir vu ses honoraires.
Comment savoir si l'on est soi-même concerné ? Quelques signaux d'alerte : repousser régulièrement des rendez-vous médicaux sans raison médicale, éviter d'ouvrir les devis de soins, ne pas renouveler un traitement en cours, ou ressentir une gêne à l'idée d'aborder des difficultés financières avec son médecin
Le premier frein au soin reste financier. Malgré le remboursement partiel par l'Assurance Maladie, certains postes de dépenses laissent un reste à charge significatif : soins dentaires, optique, audiologie, consultations de spécialistes avec dépassements d'honoraires.
Pour les foyers aux revenus modestes, sans complémentaire santé ou avec une couverture insuffisante, ces frais peuvent représenter un obstacle réel à l'accès aux soins. Le choix se pose alors entre des dépenses du quotidien et des soins parfois urgents.
Au-delà du coût, d'autres obstacles s'accumulent :
Le renoncement aux soins ne touche pas de manière uniforme l'ensemble de la population. Certains profils sont particulièrement exposés :
Les personnes à revenus modestes, notamment sans complémentaire santé ou avec une mutuelle au plancher
Les étudiants, souvent sans ressources stables et peu habitués à fréquenter le système de soins
Les retraités aux petites pensions, confrontés à des restes à charge importants sur les soins optiques, dentaires ou auditifs
Les habitants des zones rurales ou des déserts médicaux, pour qui l'accès physique à un médecin représente déjà un effort
Les personnes en situation de handicap, dont les besoins de soins sont souvent spécifiques et les coûts plus élevés
À court terme, renoncer à des soins peut paraître anodin. Une dent douloureuse ignorée, une ordonnance non renouvelée, un suivi médical interrompu, chacune de ces situations semble gérable dans l'instant. Cependant, avec le temps, les effets s'accumulent.
À long terme, les pathologies non traitées ou diagnostiquées tardivement évoluent souvent vers des formes plus sévères, plus coûteuses à soigner et plus difficiles à prendre en charge. Une carie non soignée devient une extraction. Une hypertension non suivie expose à des risques cardiovasculaires. Un problème visuel non corrigé impacte la qualité de vie et l'autonomie.
Le paradoxe du renoncement aux soins est qu'il génère souvent, in fine, des dépenses de santé plus lourdes que celles qu'il cherchait à éviter.
Les répercussions du renoncement aux soins dépassent la sphère médicale. Un problème de santé mal pris en charge peut entraîner des arrêts de travail prolongés, une perte de revenus, des difficultés à maintenir une activité professionnelle ou sociale, et une dégradation de la qualité de vie globale.
Sur le plan social, les personnes qui renoncent aux soins s'isolent parfois davantage, notamment lorsqu'une condition de santé non traitée (auditive, visuelle ou locomotrice) limite leurs interactions quotidiennes.
Plusieurs dispositifs permettent de réduire significativement le reste à charge pour les personnes aux revenus modestes :
La Complémentaire santé solidaire (CSS) : anciennement CMU-C et ACS, cette aide de l'État prend en charge tout ou partie du ticket modérateur pour les personnes sous un certain plafond de revenus. Elle est gratuite ou quasi gratuite selon les ressources.
Le dispositif 100 % Santé : lancé progressivement depuis 2019, il garantit un accès à des soins dentaires, optiques, et auditifs, prothèses capillaires et la location de courte durée de véhicule pour personne en situation de handicap (VPH) sans reste à charge pour les assurés disposant d'une complémentaire santé prévoyant le remboursement intégral de ce dispositif.
Le tiers payant : il permet de ne pas avancer les frais de consultation chez certains professionnels de santé, levant ainsi le frein immédiat du paiement.
Les maisons de santé et centres de santé : ces structures proposent des consultations à tarif opposable, sans dépassements d'honoraires.
Bon à savoir : la Complémentaire santé solidaire (CSS)
La CSS est une aide de l'État qui permet aux personnes aux revenus modestes de bénéficier d'une couverture santé complémentaire gratuite ou à très faible coût. Elle prend en charge le ticket modérateur, les forfaits hospitaliers et une partie des dépassements d'honoraires. Sous certaines conditions de ressources, elle est entièrement gratuite. Pour les autres, elle coûte moins de quelques euros par mois.
Pour vérifier son éligibilité : simulateur disponible sur ameli.fr, rubrique "Complémentaire santé solidaire".
Face à la complexité administrative, plusieurs acteurs peuvent apporter un soutien concret :
La CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie) : elle oriente vers les dispositifs d'aide auxquels chaque personne a droit, accompagne dans les demandes de CSS et propose parfois des rendez-vous de bilan de droits.
Les assistantes sociales, en milieu hospitalier ou via les mairies et les CCAS (Centres Communaux d'Action Sociale), peuvent aider à constituer des dossiers et à identifier les aides disponibles.
Les associations spécialisées dans l'accès aux soins, comme les Permanences d'Accès aux Soins de Santé (PASS) dans les hôpitaux, accueillent les personnes en situation précaire sans condition préalable.
La dimension psychologique du renoncement aux soins est souvent sous-estimée. Certaines personnes retardent une consultation par peur du diagnostic, par sentiment de ne pas légitimement "mériter" des soins, ou par honte de leur situation financière.
Des maisons de santé communautaires, des associations de patients et des médecins généralistes engagés dans la médecine de proximité proposent des espaces d'écoute bienveillants, sans jugement sur la situation sociale de chaque patient. Oser parler de ses contraintes financières à son médecin est souvent la première étape vers une solution adaptée.
Une complémentaire santé bien choisie est l'un des leviers les plus efficaces pour réduire le renoncement aux soins. Selon le niveau de garanties souscrit, elle peut couvrir une grande partie des dépassements d'honoraires, les soins dentaires, optiques et auditifs, ainsi que certaines médecines douces non remboursées.
Des offres existent à des tarifs accessibles, avec des niveaux de garanties progressifs permettant de calibrer sa couverture en fonction de ses besoins et de ses moyens.
Bon à savoir
La Complémentaire santé solidaire (CSS) est accessible sous conditions de ressources. En cas d'éligibilité, elle peut être souscrite gratuitement ou pour moins de quelques euros par mois. Pour vérifier son éligibilité, le site ameli.fr propose un simulateur en ligne. En dehors de la CSS, certaines mutuelles proposent des contrats responsables à des tarifs réduits, compatibles avec des budgets modestes.
Il est possible de passer par un intermédiaire avant de voir un médecin : une assistante sociale de la CPAM, du CCAS ou d'un hôpital peut accompagner dans la démarche et préparer une consultation médicale en levant les obstacles pratiques. Certaines associations (comme les Médecins du Monde ou la Croix-Rouge) proposent aussi des consultations gratuites dans un cadre anonyme et bienveillant, sans obligation d'expliquer sa situation à l'avance. Mentionner simplement ses contraintes financières à son médecin peut suffire : de nombreux praticiens sont habilités à orienter vers des dispositifs d'aide auxquels leurs patients ont droit.